Risque d’accident nucléaire en milieu hospitalier

L’Autorité de Sureté Nucléaire, dont la mission est de vérifier les conditions d’exercice des traitements de radiothérapie indique dans son rapport annuel 2006 que l’homme et les organisations sont des facteurs fondamentaux de la sûreté et de la radioprotection et constituent donc des facteurs de risque déterminant sur lesquels ils convient d’agir pour améliorer la sécurité et la prévention des accidents. Il est vrai que la médiatisation des derniers évènements survenus dans différents centres hospitaliers, notamment au Centre Hospitalier d’Epinal, a généré un émoi compréhensible dans la population qui mesure par là-même que le fait de se faire soigner comporte des risques, mais exige dans le temps qu’on lui démontre que toutes les précautions nécessaires ont été prises surtout lorsque les techniques de soins constituent elles-mêmes des activités à haut risque potentiel.

L’ASN démontre dans son rapport que l’origine de ces accidents reste liée à des facteurs organisationnels humains. Elle admet cependant que la sûreté et la radioprotection ne reposent pas uniquement sur l’individu. Ces accidents sont révélateurs de dysfonctionnements « latents et profonds au sein des organisations qui fragilisent les systèmes sociotechniques et rendent vulnérables les lignes de défense humaines et organisationnelles ».

Selon l’ASN, la prise en compte des facteurs organisationnels humains doit donc devenir un chantier prioritaire car ils représentent le meilleur moyen d’améliorer et de promouvoir la sûreté et la radioprotection. Elle invite les professionnels de ce secteur à « engager des efforts à la mesure des enjeux de ce domaine ». L’intégration de ces facteurs dans les démarches de maîtrise des risques permettra notamment d’optimiser les interfaces des installations à leur conception.

Pour autant, au regard du nombre de patients traités, l’incidence du risque reste faible. Mais il ne faut pas ignorer que le vieillissement de la population, le manque de professionnels dûent formés obligeant les services hospitalier à fonctionner en flux tendus et les modalités d’irradiation complexes ajoutent un risque à la survenue d’un accident. C’est pourquoi l’ASN va donc étendre ses contrôles dans le domaine organisationnel et demande à chaque service de signaler tout incident, même ceux sans conséquences sanitaires en mettant en place un registre des évènements pour pouvoir « en tirer les enseignements pour l’avenir ».

Il est étonnant da’illeurs que cette démarche de signalement n’ait pas été mise en place auparavant comme cela est le cas en matière de matériovigilance, de pharmacovigilance, d’hémovigilance, etc…

De son côté, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire a remis le 23 mars au Minsitre de la Santé son rapport sur les dysfonctionnements graves du service de radiothérapie du centre hospitalier Jean Monnet d’Epinal, survenus entre mai 2004 et août 2005, et ayant affecté 24 patients traités pour un cancer de la prostate. (Rapport complet)

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