Risques de transmission d’allergies alimentaires

Les risques de transmission d’allergies alimentaires lors de transfusion ou de transplantation d’organes se confirment.

 

Le premier cas de transmission d’une allergie alimentaire par une transfusion de plasma frais congelé, rendant la patiente receveuse transitoirement allergique, est décrit par des médecins canadiens (source : Archive of internal medecine, vol.167, n°8, p.853-854). Donald Arnold et ses collègues de l’université Mac Master à Hamilton décrivent le cas d’une femme de 80 ans qui a reçu deux unités de plasma frais congelé avant une endoscopie.

 
Deux jours après l’intervention, quelques minutes après avoir mangé un muffin, elle a développé des signes d’anaphylaxie (gorge serrée, dyspnée, dysphagie, rash, baisse de la saturation en oxygène), qui ont été traités par adrénaline en aérosol et corticoïdes intraveineux, faisant disparaître les symptômes en quelques heures.

La patiente n’avait jamais présenté d’allergie à l’arachide, qui entre dans la composition des muffins. Une semaine après la réaction allergique, les médecins ont fait un test cutané avec une protéine allergène de l’arachide qui a conduit à une réaction de 8 mm de diamètre. Une mesure des anticorps IgE (les anticorps IgE sont connus principalement pour leur participation dans tous les types d’allergies. Ils peuvent aussi aider à protéger le corps contre les parasites. Une élévation des anticorps IgE dans le sang est souvent associée avec des commémoratifs d’allergies excessives) dans le sang a montré un taux élevé d’IgE spécifiques de la cacahuète. Mais une nouvelle mesure deux mois après a montré que le taux de ces IgE spécifiques avait baissé et un test d’administration orale de cacahuète sous contrôle médical trois mois après la transfusion n’a pas entraîné de réaction. Les chercheurs ont trouvé qu’une femme donneuse de sang dont le plasma frais congelé avait été transfusé à la patiente avait des antécédents d’allergie à l’arachide et d’anaphylaxie.

 

Il y a eu également un cas de transfert d’une allergie par transplantation de foie ou de cellules souches hématopoïétiques, mais dans ces cas il y avait transfert de lymphocytes, alors que dans le cas présent, avec le plasma, il n’y a eu transmission que d’anticorps, indépendamment de tout médiateur cellulaire. Il s’agissait d’un cas d’allergie à la noix de cajou et à la cacahouète chez une personne qui n’était auparavant pas allergique, acquise par transmission passive lors d’une transplantation d’organe dont le donneur était allergique. Ce cas a été décrit par des chercheurs australiens du Royal Prince Alfred Hospital à Sydney. Plus tardivement, trente-deux semaines après la transplantation, le receveur a consommé un aliment contenant de la cacahouète et a fait une seconde réaction anaphylactique. Le receveur n’avait aucun antécédent d’allergie de ce type auparavant. Il a été testé et était devenu positif pour l’allergie aux cacahouètes, noix de cajou et grains de sésame, comme l’était le donneur. Il s’agit donc d’une transmission passive de l’allergie via la greffe. Ce phénomène est déjà connu pour les greffes de moelle, pour lesquelles on sait que la transmission de l’allergie est due au transfert de lymphocytes B producteurs d’IgE du donneur, qui peuvent persister un an dans l’organisme du receveur. En revanche, jusqu’à présent un seul cas avait été rapporté une double greffe rein/foie. (Source : Archive of internal medecine, vol. 163 n°2)

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