Archive de la catégorie ‘Risques sanitaires’

Le Chikungunya présent en Italie : les voyageurs mis en garde contre le risque de transmission

Dimanche 2 septembre 2007

Le gouvernement italien a confirmé jeudi 30 août l’apparition de cas d’infection par le virus Chikungunya à proximité de la ville de Ravenne dans la région d’Emilie-Romagne, au nord-est du pays.
Le ministère de la santé a indiqué dans un communiqué de presse du 31/08/07 qu’il avait eu connaissance de rapports de cas d’infection au cours de la seconde quinzaine d’août.
Des tests réalisés par l’Institut supérieur de la santé et des bioproduits d’Angers (ISSBA) ont confirmé plus tard qu’il s’agissait du Chikungunya.
Des cas de cette maladie transmise par des moustiques caractérisée par de la fièvre et de forte douleurs articulaires avaient déjà été observés en Italie mais chez des personnes revenant de zones infectées (pays africains et asiatiques bordant l’Océan indien).
Il semble donc qu’il s’agisse de la première infection survenant en Italie même.
Le ministère de la santé français estime qu’une combinaison de plusieurs facteurs peut expliquer les cas enregistrés. Il cite la forte densité de moustiques dans cette zone côtière ainsi que les conditions climatiques et environnementales.
Il a rappelé qu’il n’existait pas de vaccin contre cette maladie, qui ne pouvait être traitée qu’à l’aide d’antipyrétiques et d’antalgiques.
Le ministère a indiqué qu’il n’y avait pas eu de nouveaux cas ces derniers jours.
Les autorités sanitaires de la ville de Rimini, cité balnéaire très populaire distante de 60 km de Ravenne, ont indiqué qu’elles suivaient l’évolution de la situation de près.
Il a été demandé aux hôpitaux du secteur de rapporter tout cas de fièvre d’origine infectieuse.
Une infection par le Chikungunya a touché plus du tiers de la population de l’île de La Réunion (800.000 habitants) entre 2005 et 2006.

Prendre connaissance du communiqué de presse

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Du risque d’être touriste …

Samedi 7 juillet 2007

Le numéro thématique du BEH sur la santé des voyageurs 2007 (en date du 19 juin), avec neuf articles sur des sujets variés, dresse un large panorama des risques encourus par les voyageurs et de leurs pratiques de prévention et met aussi l’accent sur le problème majeur des maladies d’importation.

Le premier article décrit le dénominateur commun : les Français voyagent de plus en plus. En 2006, plus de 11 millions de Français ont voyagé à l’étranger, dans plus de 120 pays. Ceci correspond à plus de 22 millions de séjours dont 7 millions dans des pays en voie de développement. Parmi eux, près de 3 millions de séjours sont effectués dans des pays méditerranéens : Maroc, Tunisie, Égypte, Turquie. Certes, ces destinations ne sont pas situées en zone tropicale, mais l’observation de cette population de voyageurs est intéressante à double titre. D’une part, elle est confrontée à de nombreux risques d’infections dont certaines, comme l’hépatite A, peuvent bénéficier d’une prévention vaccinale. D’autre part, elle a tendance à négliger le plus souvent les mesures préventives offertes.

Deux articles relatent les attitudes et pratiques des voyageurs français. Ils concernent l’un les risques de paludisme et l’autre plus largement les risques infectieux. Comme dans d’autres études déjà publiées, les résultats sont loin d’être satisfaisants. Ainsi, l’hétérogénéité des médicaments antipaludéens prescrits pour chaque destination, par exemple en Afrique tropicale, montre que la « doctrine » actuelle est soit insuffisamment connue, soit non respectée par une large proportion de professionnels de santé français. Au niveau mondial, un réel progrès serait franchi si l’industrie du voyage contribuait à promouvoir les informations essentielles sur les risques sanitaires et recommandait aux voyageurs de consulter un spécialiste de médecine des voyages. Il faut aussi insister sur le fait que la première ligne de défense contre le paludisme reste la lutte contre les piqûres de moustiques.

Deux autres études ont analysé les motifs de consultation au retour de voyage en zone tropicale. La première, un vaste travail mené dans différents hôpitaux parisiens montre que le paludisme demeure le diagnostic le plus fréquemment posé chez des voyageurs fébriles, surtout parmi ceux revenant d’Afrique. Bien entendu, les patients vus en milieu hospitalier sont plus sévèrement malades. Et, les résultats de la deuxième étude, réalisée en médecine de ville pour laquelle ce biais de sélection n’existe pas, confirment que les principaux problèmes de santé chez des voyageurs malades dans les jours suivant leur retour sont les infections gastro-intestinales et les infections respiratoires. Toujours concernant le paludisme, la relation d’un cas autochtone en Corse vient à point nommé pour illustrer le risque non théorique de réintroduction du paludisme dans des zones d’ancienne endémie. Les arboviroses sont un sujet emblématique ; la dengue et le chikungunya sont des exemples d’infections émergentes de grande importance pour les voyageurs. Aux yeux du monde entier, ce fut une surprise de constater l’explosion du nombre de cas de chikungunya chez les voyageurs français en 2006 et la dengue est maintenant une maladie plus fréquemment importée d’Asie que le paludisme.

Pour finir, deux articles sur la fièvre jaune et sa vaccination témoignent de la nécessité de toujours mettre en balance le risque d’infection versus le risque d’effets indésirables, notamment lorsqu’il s’agit de patients infectés par le VIH.

L’ensemble de ces problématiques, notamment les évolutions récentes, illustrent combien l’épidémiologie des voyages est un domaine mouvant, exigeant de la part des spécialistes une connaissance approfondie, entretenue par une formation médicale permanente, et la mise à jour continue des données.

Ce numéro du BEH se focalise sur les risques infectieux. Mais rappelons cependant que le plus grand nombre de vies perdues par les voyageurs est du aux accidents. Comme cela a été publié l’année dernière dans le numéro thématique Santé des voyageurs du BEH, les accidents de la voie publique sont, avec 28 % des décès, la première cause de mortalité en voyage, auxquels s’ajoutent 6 % de décès dus aux noyades.

Tous les médecins du voyage doivent donc se mobiliser pour réduire ce fléau et, notamment, recommander aux consultants le port de casques en deux-roues et celui de la ceinture de sécurité en voiture.

Du risque d'être touriste ... dans ACTUALITES pdf Santé des voyageurs – 2007

Radiothéraphie cérébrale : mise en place d’un numéro vert

Lundi 2 juillet 2007

Parce que le droit à l’information du patient ne constitue pas un risque mais une chance, il faut souligner la création d’un numéro vert pour garantir l’information des personnes bénéficiant de radiothérapies cérébrales :

0.820.03.33.33

 

Ce numéro – dont on peut cependant regretter que l’appel soit facturé 12 centimes la minute – a été mis en place suite à une erreur de calibration d’un matériel marque BrainLab installé au CHU de Toulouse.

Il n’est pas certain que ce dispositif constitue un outil suffisant pour ramener la confiance parmi les personnes les plus concernées, à savoir les patients eux-mêmes et dans la population en général. Il ne s’agit pas pour autant comme le fait Eric Favereau dans un article en date du 13 juin de laisser croire que le système est pourri : « Y aurait-il quelque chose de pourri dans le monde de la radiothérapie ? » ni de se laisser bercer d’illusion par les effets d’annonce prononcés dans l’urgence par la ministre de la santé Roselyne Bachelot jouant les pompiers de service en affirmant vouloir « doubler en cinq ans le nombre de radiophysiciens » alors que dans le même temps elle précise avoir « demandé à la Société française de radiothérapie et d’oncologie et à une structure indépendante d’évaluer en six mois les besoins humains et matériels de l’ensemble des 182 centres de radiothérapie en France » (source). Comment ignorer que la spécialité de radiophysique requiert des études complémentaires dont chacun sait pertinemment que la durée de cinq ne permettra pas de doubler les effectifs en formations ?

Alors pour ceux qui veulent se renseigner plus avant, je vous renvoie sur le site de la Société Française de Radiologie Oncologique qui donnent de nombreux liens.

 

 

AZF : rapport cohorte santé

Jeudi 28 juin 2007

Le vendredi 21 septembre 2001, une explosion, dans un hangar de stockage de l’usine «AZF» qui contenait 300 à 400 tonnes de nitrate d’ammonium, s’est produite à Toulouse. L’usine « AZF » (Azote Fertilisants), de la société GrandeParoisse, filiale du groupe Total Fina Elf, était une des usines du complexe chimique du sud toulousain. Cette usineproduisait des engrais et des produits de base pour peintures, colles et détergents.La violence de l’explosion correspondait à un séisme d’une puissance de 3,4 degrés sur l’échelle de Richter. Le siteindustriel était situé à 3 km environ du centre ville. Une partie de la ville de Toulouse, dont des entreprises, des écoles et des logements, a été totalement ou partiellement détruite par l’explosion. Dès l’explosion, un nuage orangé depollution atmosphérique, essentiellement constitué de composés azotés, survolait la ville. Plusieurs produits toxiquesétaient émis dans l’air, l’eau et les sols. Des dérivés nitrés s’écoulaient dans le bras de la Garonne qui borde l’installation, et des particules et fragments de sols, issus du site, se retrouvaient projetés dans les quartiers proches(Cassadou 2003).

Le bilan initial établi par la préfecture a fait état de 30 morts et plus de 3 000 personnes blessées. Cependant, il s’avère que ce bilan ne résume pas toutes les conséquences sanitaires directes et indirectes, à court et à moyen terme, dans les populations toulousaines.

 

Devant l’ampleur de la catastrophe, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a dépêché une mission à Toulouse le samedi 22 septembre, afin de rencontrer les différentes autorités administratives et de santé publique. A la suite de cette mission,un dispositif de suivi épidémiologique des conséquences sanitaires a été mis en place dans les jours suivant l’explosion, en collaboration avec la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (Drass) de Midi-Pyrénées (Lang 2006).

 

Les conséquences sanitaires prévisibles d’une telle catastrophe industrielle sont de trois ordres : toxicologique, raumatologique et psychologique.

 

(lire la suite …)

Les inhibiteurs de la pompe à protons associés à un risque de pneumonie

Dimanche 24 juin 2007

Les anti-ulcéreux de la classe des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont associés à une augmentation du risque de contracter une pneumonie, en particulier en début de traitement, selon une étude épidémiologique danoise. Après avoir posé l’hypothèse de cette association, Sinem Ezgi et ses collègues de l’université d’Odense ont conduit une étude plus grande pour tenter de la confirmer. Ils ont comparé 7.642 personnes ayant eu une pneumonie communautaire et 34.176 contrôles. L’odds ratio (calcul approchant le risque relatif) du risque de pneumonie avec la prise d’IPP était de 1,5, suggérant une augmentation du risque d’environ 50%. Par comparaison, les autres anti-ulcéreux de la classe des anti-H2 n’augmentaient pas significativement le risque de pneumonie (odds ratio de 1,1). Le risque est surtout élevé en début de traitement (odds ratio de 5 durant les sept premiers jours de traitement) et diminue ensuite. Il n’y a pas de risque après arrêt du traitement. Par ailleurs, les personnes jeunes avaient un risque de pneumonie associée aux IPP plus élevé que les plus âgés. Sans remettre en question l’utilité des IPP, les auteurs rappellent qu’ils sont très largement utilisés et estiment qu’ils « ne devraient pas être prescrits avec trop de désinvolture » (source : Archive of internal medecine, vol. 167 n° 9).

Le traitement par inhibiteur de l’enzyme de conversion semble réduire le risque d’AVC sévère

Dimanche 24 juin 2007

Une étude australienne confirme que les patients qui prennent un traitement par inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) semblent avoir un risque réduit d’avoir un accident vasculaire cérébral (AVC) sévère. Le potentiel vasoprotecteur de ces médicaments, qui résulterait en un AVC de gravité moindre, reste encore à vérifier, selon le Dr Numthip Chitravas du National Stroke Research Institute à Victoria et ses collègues (source : Neurology, vol.68 n°20). Les chercheurs ont analysé les données de 716 patients avec un premier AVC ischémique inclus dans une étude de population évaluant l’incidence des AVC. Parmi eux, un quart prenait des IEC avant la survenue de l’AVC, 7% des statines et 31,1% des diurétiques. Seulement sept patients prenaient des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine.La sévérité neurologique sur le score NIHSS a été évaluée chez 527 patients, 79,5% de manière rétrospective et 20,5% prospectivement. Parmi eux, 200 patients présentaient un déficit neurologique sévère à court terme (score NIHSS égal ou supérieur à 8 points). 12% des 716 patients sont décédés dans les 28 jours des suites de leur AVC. L’analyse ajustée des données montre que l’usage des IEC avant la survenue de l’AVC était associé de manière significative à un risque réduit de déficit neurologique sévère, de 44%, mais aussi à un risque réduit de décès précoce, de 54%. Par sa taille, cette étude confirme le bénéfice potentiel des IEC sur la sévérité de l’AVC.

Risques de transmission d’allergies alimentaires

Dimanche 24 juin 2007

Les risques de transmission d’allergies alimentaires lors de transfusion ou de transplantation d’organes se confirment.

 

Le premier cas de transmission d’une allergie alimentaire par une transfusion de plasma frais congelé, rendant la patiente receveuse transitoirement allergique, est décrit par des médecins canadiens (source : Archive of internal medecine, vol.167, n°8, p.853-854). Donald Arnold et ses collègues de l’université Mac Master à Hamilton décrivent le cas d’une femme de 80 ans qui a reçu deux unités de plasma frais congelé avant une endoscopie.

 
Deux jours après l’intervention, quelques minutes après avoir mangé un muffin, elle a développé des signes d’anaphylaxie (gorge serrée, dyspnée, dysphagie, rash, baisse de la saturation en oxygène), qui ont été traités par adrénaline en aérosol et corticoïdes intraveineux, faisant disparaître les symptômes en quelques heures.

La patiente n’avait jamais présenté d’allergie à l’arachide, qui entre dans la composition des muffins. Une semaine après la réaction allergique, les médecins ont fait un test cutané avec une protéine allergène de l’arachide qui a conduit à une réaction de 8 mm de diamètre. Une mesure des anticorps IgE (les anticorps IgE sont connus principalement pour leur participation dans tous les types d’allergies. Ils peuvent aussi aider à protéger le corps contre les parasites. Une élévation des anticorps IgE dans le sang est souvent associée avec des commémoratifs d’allergies excessives) dans le sang a montré un taux élevé d’IgE spécifiques de la cacahuète. Mais une nouvelle mesure deux mois après a montré que le taux de ces IgE spécifiques avait baissé et un test d’administration orale de cacahuète sous contrôle médical trois mois après la transfusion n’a pas entraîné de réaction. Les chercheurs ont trouvé qu’une femme donneuse de sang dont le plasma frais congelé avait été transfusé à la patiente avait des antécédents d’allergie à l’arachide et d’anaphylaxie.

 

Il y a eu également un cas de transfert d’une allergie par transplantation de foie ou de cellules souches hématopoïétiques, mais dans ces cas il y avait transfert de lymphocytes, alors que dans le cas présent, avec le plasma, il n’y a eu transmission que d’anticorps, indépendamment de tout médiateur cellulaire. Il s’agissait d’un cas d’allergie à la noix de cajou et à la cacahouète chez une personne qui n’était auparavant pas allergique, acquise par transmission passive lors d’une transplantation d’organe dont le donneur était allergique. Ce cas a été décrit par des chercheurs australiens du Royal Prince Alfred Hospital à Sydney. Plus tardivement, trente-deux semaines après la transplantation, le receveur a consommé un aliment contenant de la cacahouète et a fait une seconde réaction anaphylactique. Le receveur n’avait aucun antécédent d’allergie de ce type auparavant. Il a été testé et était devenu positif pour l’allergie aux cacahouètes, noix de cajou et grains de sésame, comme l’était le donneur. Il s’agit donc d’une transmission passive de l’allergie via la greffe. Ce phénomène est déjà connu pour les greffes de moelle, pour lesquelles on sait que la transmission de l’allergie est due au transfert de lymphocytes B producteurs d’IgE du donneur, qui peuvent persister un an dans l’organisme du receveur. En revanche, jusqu’à présent un seul cas avait été rapporté une double greffe rein/foie. (Source : Archive of internal medecine, vol. 163 n°2)

H5N1 : la recherche, meilleur levier de lutte contre le risque d’une pandémie ?

Samedi 2 juin 2007

Lors de la Conférence internationale sur la grippe aviaire chez l’homme qui s’est tenue à l’Institut Pasteur de Paris le 1er juin 2007, le point a été fait aussi bien sur les aspects économiques, scientifiques, médicaux, et de nouvelles pistes de traitement ont été évoquées.

En pratique, la principale piste reste l’utilisation des traitements qui existent déjà, en premier lieu l’oseltamivir dont un responsable de Roche a rappelé qu’avec ses efforts pour augmenter ses propres capacités de production et les accords avec une vingtaine de partenaires, il est possible de produire plus de 400 millions de traitements annuellement, ce qui dépasse les commandes des gouvernements. Ce médicament a déjà été donné à quelques personnes ayant contracté le virus H5N1. Mais en absence d’essai clinique – puisque jusqu’à présent le nombre de personnes atteintes de la grippe aviaire a été, heureusement, limité – les informations disponibles sur les bénéfices de cette molécule face au virus H5N1 sont assez restreintes.

C’est pourquoi selon Elena Govorkova du St Jude Children’s Research Hospital à Memphis, les modèles animaux s’avèrent particulièrement importants pour déterminer la meilleure modalité de traitement ce qui l’a donc conduite à étudier l’oseltamivir, dans un modèle de furets. Les chercheurs américains ont travaillé d’abord avec la souche A/Vietnam/1203/04 de H5N1, qui est létale pour le furet. A une dose équivalente à la dose humaine, pour cinq jours de traitement, l’administration de l’antiviral dès quatre heures après l’injection du virus a permis de prévenir les décès. Mais quand l’administration débutait 24 h après, les animaux décédaient. Cet aspect du délai de latence entre l’inoculation du virus et le début du traitement, en cas de pandémie, est le point fragile de la stratégie des plans de prévention. Xavier Bertrand, alors Ministère de la Santé, avait eu l’occasion de le rappeler en début d’année à l’occasion d’un exercice de préparation à la pandémie grippale dans la Somme entre le Samu 80 et le Centre Hospitalier de Doullens.

Mais les chercheurs montrent aujourd’hui qu’en augmentant la dose, à 25 mg/kg/j au lieu de 5 mg/kg/j, et en débutant le traitement même 24 h après l’inoculation du virus, les furets ont survécu et ont eu moins de symptômes, moins de virus circulant et moins de dissémination dans les organes. Par ailleurs, les animaux qui ont survécu ont été de nouveau inoculés avec le virus aviaire et, sans traitement, ont tous survécu, ce qui montre que la première infection les a immunisés. Deux informations intéressantes pour la recherche et pour les stratégies de préventions. Précisons qu’au cours de cette présentation, le représentant du laboratoire Roche, celui-ci a indiqué qu’un dosage faible pour les enfants est en cours d’enregistrement et d’autres formulations pour les enfants sont à l’étude faisant écho au contexte essentiellement japonais où des restrictions d’administration de cette molécule ont été prises vis-à-vis des enfants et des adolescents suite à des cas de tentative de suicide.

Plusieurs autres équipes travaillent quant à elles sur des voies de traitement totalement différentes, applicables à tous les types de grippe, aviaire ou classique.

Ainsi, Stacey Schultz-Cherry de l’université du Wisconsin et son équipe ont évalué une stratégie qui est déjà employée contre d’autres virus, notamment le VIH en cherchant à bloquer l’entrée du virus dans les cellules.

D. Strayer d’Hemispherx Biopharma à Philadelphie a évalué in vitro l’intérêt contre la grippe d’Ampligen*, un produit développé par cette société dans différentes indications et qui a des effets à la fois antiviraux et immunomodulateurs. L’idée n’est pas d’employer cette molécule seule mais de l’associer aux antigrippaux actuels, considérant qu’une multithérapie permettrait de diminuer le risque.

Egalement au stade de l’évaluation in vitro, la société JADO Technologies à Dresde en Allemagne poursuit une autre stratégie qui consiste à interférer avec l’enveloppe du virus. Cornelia Schroeder et ses collègues ont élaboré un aminostéroïde qui spécifiquement interfère avec l’étape de bourgeonnement et qui a in vitro un effet virucide et s’est montré efficace aussi bien sur des virus de la grippe humaine que sur un virus de grippe aviaire.

Autant de pistes pour la recherche permettant à terme de lutter plus efficacement contre le risque d’une pandémie mondiale.

Le droit à l’information du patient ne constitue pas un risque, mais une chance …

Samedi 26 mai 2007

L’affaire du sang contaminé, révélée lorsque la journaliste Anne-Marie Casteret publie dans l’hebdomadaire L’Évènement du Jeudi un article prouvant que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué, de 1984 à 1985 à la fin de l’année, des produits sanguins, dont certains contaminés par le virus du sida à des hémophiles, la découverte en pleine période estivale des limites de l’organisation de notre système de santé face à un épisode canicule (informations gouvernementales, informations wikipédia pour se souvenir que la canicule ne s’est pas limitée à la France), les récents accidents de radiothérapie (Centre Hospitalier d’Epinal, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse) sont autant d’évènements – au parfum de scandale pour certains, où l’ombre du secret est toujours avancé dans un premier réflexe du médecin au prétexte de protéger le patient – qui ont conduit les citoyens à douter … non pas tant de l’efficience du système de santé lui-même et de la médecine dont chacun peut comprendre qu’il n’est pas infaillible et qu’elle n’est pas absolu. Mais de douter des interlocuteurs eux-mêmes, ces professionnels de la santé, ces médecins, ces chirurgiens, etc … qui font l’ossature même de notre système de soins. Le dernier accident au CHU de Toulouse, pour grave qu’il soit, démontre aussi la difficulté pour l’institution et ces professionnels à communiquer finalement pas tant vis-à-vis des médias traditionnels qui avancent sur ces champs avec une prudence particulière, mais vis-à-vis des personnes en traitement s’inquiétant légitimement pour leur santé notamment après la révélation au grand public des drames. Presque en viendrait-on à reprocher aux patients, déjà souffrant d’une maladie sévère, de poser des questions ! Un comble … Seulement, les professionnels de santé doivent prendre conscience que le patient en particulier, le citoyen en général attend des réponses précises, claires, franches et qu’à défaut de satisfaire cette attende on ne peut plus légitime, il y a tout lieu de penser que les professionnels de santé encourt un risque juridique dans une logique du juste retours des choses face au risque sanitaire encouru par les patients.

C’est ainsi que le champ des risques juridiques à l’hôpital s’est brusquement ouvert dans celui l’espace citoyen. Les acteurs du secteur n’ont plus le choix : ils doivent aujourd’hui identifier ces risques, composer avec eux et les intégrer, au même titre que les risques sanitaires, dans leur démarche de sécurisation des pratiques. Reste à adapter perception et réalité du risque.

Plusieurs domaines sont perçus de manière inégale par les hospitaliers comme étant source d’un risque juridique.

D’ailleurs, le premier d’entre eux est peut-être symptomatique de l’écart qui sépare les professionnels de santé et le patient : relations avec les usagers. Comment réagir face au libre choix du patient, face à une fugue ou à un refus de soins. Beaucoup d’interrogations se posent également quant aux modalités d’accès au dossier médical. Nous sommes là au coeur de la difficulté de communication et bien que d’immenses progrès ont été réalisés depuis des années dans ce domaine notamment au travers du renforcement du droit des patients, l’intrusion de ceux-ci dans l’exercice médical est encore trop vécu comme un élément perturbateur au mieux, comme une remise en cause illégitime des professionnels au pire.

De nouveaux enjeux émergent également, relatifs notamment aux nouvelles technologies et à leurs pendants comme on le constate avec les accidents de radiothérapie dont l’origine démontre que les professionnels de santé perdent la maitrise de technique.

Or la perception des risques est inégale. Ainsi, sur les questions relatives à la relation avec le patient, la perception est forte, alors que la réalité du risque est faible. Les professionnels gagneraient donc à s’ouvrir plus. A l’inverse, la perception est faible pour tout ce qui touche à l’hygiène, au secret professionnel, aux statuts de la fonction publique hospitalière, aux liens de l’hôpital avec la police et la justice, alors que ce sont là des domaines posant des problématiques fortes.

L’hygiène est ainsi la première cause des contentieux à l’hôpital. c’est pourquoi des sites dédiés à l’information des patients et des citoyens se sont ouverts tel celui relatif aux infections nosocomiales ou la plateforme d’information sur les établissements de santé : Platines (voir présentation Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille)

Nous voudrions défendre ici l’idée que l’accentuation du droit à l’information des patients et des citoyens ne constitue pas un risque mais au contraire une chance pour la préservation et le développement de la qualité de notre système de santé.

Quelques liens :

- site de l’APHP – droits du patient

- site de l’ARH Auvergne – droits du patient

- site de Me Durrieu-Diebolt

- site Inserm – la relation médecin-patient et droits des patients

L’Avandia, médicament prescrit contre le diabète de type 2, mis en cause dans le risque de mortalité cardiovasculaire

Jeudi 24 mai 2007

Avandia, un médicament largement prescrit dans le diabète pourrait augmenter la mortalité cardiovasculaire selon une nouvelle étude. Mais le laboratoire GlaxoSmithKline conteste. Cet épisode démontre combien il est difficile pour le grand public et pour les représentants politiques d’assurer un contrôle efficace dans ces domaines scientifiques, tout autant pour les agences expertes comme la FDA ou l’EMEA.

L’Agence européenne du médicament (EMEA) discute en effet d’un plan de gestion des risques pour Avandia* de GlaxoSmithKline, à la suite de la publication lundi par le New England Journal of Medicine d’une étude montrant une augmentation des effets secondaires cardiovasculaires avec l’antidiabétique. (Source EMEA ; Source NEJM)

L’article publié par le journal britannique est une méta-analyse concluant qu’Avandia* est associé à une augmentation significative du risque d’infarctus du myocarde et de décès d’origine cardiovasculaire. GSK a fait part de son « fort désaccord » sur les conclusions de cet article. La Food and Drug Administration (FDA) américaine a indiqué qu’elle allait se pencher sur le problème.

(suite…)

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