Archive de la catégorie ‘Risques sanitaires’

CHU de Toulouse : la sécurité des actes de radiothérapie remise en cause

Mercredi 23 mai 2007

Le quotidien Le Parisien dans son édition du mercredi 23 mai a révélé l’information : 145 patients du service de neurochirurgie de l’hôpital Rangueil du CHU de Toulouse auraient subi une surirradiation début 2007.

Les patients traités avec des rayons sur la zone du cerveau ont reçu « des doses supérieures à la normale » en raison d’une « déficience informatique » due au fabricant de l’appareil de radiothérapie. Le fabricant a constaté un mauvais étalonnage de l’appareil.

Une enquête sanitaire serait en cours « pour savoir exactement quelles seront les conséquences sur leur état physique ». Les patients sont convoqués individuellement pour un bilan de santé.L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui enquête sur place depuis trois semaines, a indiqué au quotidien qu’elle comptait communiquer « très prochainement » sur le sujet.

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Risque d’accident nucléaire en milieu hospitalier

Vendredi 6 avril 2007

L’Autorité de Sureté Nucléaire, dont la mission est de vérifier les conditions d’exercice des traitements de radiothérapie indique dans son rapport annuel 2006 que l’homme et les organisations sont des facteurs fondamentaux de la sûreté et de la radioprotection et constituent donc des facteurs de risque déterminant sur lesquels ils convient d’agir pour améliorer la sécurité et la prévention des accidents. Il est vrai que la médiatisation des derniers évènements survenus dans différents centres hospitaliers, notamment au Centre Hospitalier d’Epinal, a généré un émoi compréhensible dans la population qui mesure par là-même que le fait de se faire soigner comporte des risques, mais exige dans le temps qu’on lui démontre que toutes les précautions nécessaires ont été prises surtout lorsque les techniques de soins constituent elles-mêmes des activités à haut risque potentiel.

L’ASN démontre dans son rapport que l’origine de ces accidents reste liée à des facteurs organisationnels humains. Elle admet cependant que la sûreté et la radioprotection ne reposent pas uniquement sur l’individu. Ces accidents sont révélateurs de dysfonctionnements « latents et profonds au sein des organisations qui fragilisent les systèmes sociotechniques et rendent vulnérables les lignes de défense humaines et organisationnelles ».

Selon l’ASN, la prise en compte des facteurs organisationnels humains doit donc devenir un chantier prioritaire car ils représentent le meilleur moyen d’améliorer et de promouvoir la sûreté et la radioprotection. Elle invite les professionnels de ce secteur à « engager des efforts à la mesure des enjeux de ce domaine ». L’intégration de ces facteurs dans les démarches de maîtrise des risques permettra notamment d’optimiser les interfaces des installations à leur conception.

Pour autant, au regard du nombre de patients traités, l’incidence du risque reste faible. Mais il ne faut pas ignorer que le vieillissement de la population, le manque de professionnels dûent formés obligeant les services hospitalier à fonctionner en flux tendus et les modalités d’irradiation complexes ajoutent un risque à la survenue d’un accident. C’est pourquoi l’ASN va donc étendre ses contrôles dans le domaine organisationnel et demande à chaque service de signaler tout incident, même ceux sans conséquences sanitaires en mettant en place un registre des évènements pour pouvoir « en tirer les enseignements pour l’avenir ».

Il est étonnant da’illeurs que cette démarche de signalement n’ait pas été mise en place auparavant comme cela est le cas en matière de matériovigilance, de pharmacovigilance, d’hémovigilance, etc…

De son côté, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire a remis le 23 mars au Minsitre de la Santé son rapport sur les dysfonctionnements graves du service de radiothérapie du centre hospitalier Jean Monnet d’Epinal, survenus entre mai 2004 et août 2005, et ayant affecté 24 patients traités pour un cancer de la prostate. (Rapport complet)

L’Afssaps recrute des experts en pharmacovigilance

Mercredi 28 mars 2007

L’appel à candidature d’experts en vue du renouvellement de la Commission Nationale de Pharmacovigilance dont la clôture était initialement prévue le 30 mars 2007 est prolongé d’un mois. Les candidatures peuvent ainsi être envoyées jusqu’au 30 avril 2007.

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) veille à la sécurité d’emploi des médicaments ou produits et contribue à leur bon usage, dans le cadre de la protection de la santé publique et de l’information des professionnels de santé. Pour mener à bien ses missions dans ce domaine, l’Afssaps s’appuie, notamment, sur la Commission nationale de pharmacovigilance (CNPV).

En vue du renouvellement de cette commission, et afin d’assurer une large couverture de ses besoins en expertise externe, l’Afssaps lance un appel à candidatures. Cet appel à candidatures est également l’occasion d’élargir le cercle des experts-rapporteurs auprès de la Commission nationale de pharmacovigilance.

L’Afssaps recherche des experts dans le domaine des médicaments et produits de santé ayant vocation à devenir membres de la CNPV.

Les experts recherchés sont soit :

  - cliniciens,
- pharmacologues ou toxicologues,
- pharmaciens hospitaliers,
- pharmaciens d’officine,
- personnalités compétentes en pharmaco-épidémiologie.

 

Afssaps
Direction de l’évaluation des médicaments et produits biologiques

Candidatures CNPV

143/147 bd Anatole France

93285 Saint-Denis Cedex

candidature.CNPV@afssaps.sante.fr

L’Union Européenne est-elle vraiment prête à faire face au risque d’une pandémie grippale ?

Mardi 27 février 2007

Selon un rapport synthétique de 39 pages de l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladie) écrit après une étude menée par enquêtes et visites au sujet du niveau de préparation des 25 États-membres de l’UE (sur la base de données antérieures à l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, mais incluant l’Islande et Norvège).

Si l’Union Européenne est sur la bonne voie pour devenir une des zones les mieux préparées au monde, deux ou trois ans de « travail intense » et plus de moyens et surtout plus de coopération semblent nécessaires pour atteindre le niveau de préparation requis pour répondre au mieux à une pandémie grippale avec l’émergence d’un nouveau virus.

Les États-membre ont globalement progressé. Ils ont maintenant tous préparé un plan national. Chaque États-membre a commencé à décliner opérationnellement son plan. Mais la plupart des plans sont centrés sur le secteur de la santé, au lieu de préparer tous les services publics, les entreprises et toute la société à une pandémie. Les plans nationaux sont presque tous disponibles (au moins pour partie) sur l’internet et périodiquement mis à jour. Cinq pays n’avaient cependant pas mis à jour leur plan depuis 2005, et plusieurs pays ont cessé de mettre à jour leur plan entier, n’y ajoutant que des modules subsidiaires concernant par exemple la préparation locale, la grippe aviaire, la communication de crise, etc. Cinq pays n’ont pas fourni de sites ou adresses Web où les plans peuvent être facilement trouvés par les professionnels et le public.

Chaque pays dispose d’un ou plusieurs laboratoires, en contact avec l’OMS, capables d’identifier les sous-types de virus grippaux et parfois de séquencer des souches du H5N1. Ces capacités peuvent manquer à échelle régionale. Un seul pays a une veille encore uniquement basée sur l’alerte donnée par les laboratoires, c’est à dire sans récolte de données cliniques au niveau des soins primaires aux malades.

La coordination inter-états de l’Union progresse, mais elle reste insuffisante et « dans aucun pays membre on ne peut aujourd’hui garantir que l’offre en premiers soins sera suffisante, ni que les infrastructures essentielles aux services publics continueront de fonctionner en cas de pandémie, ni que les premiers lots d’un vaccin performant seront disponibles dans les services de santé six mois après le début de la pandémie ». A titre d’exemple, il est indiqué que plusieurs pays n’ont aucune réponse planifiée à un besoin brutalement accru de personnel des laboratoires d’analyse en cas de début de pandémie (sans par ailleurs prendre en compte qu’une partie du personnel existant pourrait être malade).

La mise à disposition rapide d’antiviraux est questionnée, de même que la portée des campagnes de vaccinations contre la grippe saisonnière. Celle-ci est pratiquée dans 19 pays sur les 26 ayant répondu. Certains pays ne disposent pas du taux de plus de 65 ans vaccinés tel que demandé par l’OMS comme indicateur de la cible de 75 % de vaccinés en 2010. Selon l’enquête ECDC d’avril 2006, le taux de vaccination des personnes âgées variait de 2 % à 75 % selon les pays, plusieurs pays n’ont même pas été capables de fournir des statistiques (ni même examiner les données) sur leur taux de vaccination !

L’ECDC recommande la diffusion de bonnes pratiques telles que :
1. Faire relayer par les églises des messages incitant à la préparation des communautés religieuses et des plus pauvres;

2. Faire évaluer l’état de préparation régionale et locale par un service national d’inspection;

3. Nommer des relais pour préparer les minorités, en dépassant les barrières linguistiques et culturelles.

4. Automatiser les statistiques de morbidité/mortalité pour diffusion en temps réel de ces données (vitales pour rapidement corriger les actions contre une pandémie)

5. Développer un intranet national dans les pays fédéralisés, pour coordonner l’aide et le conseil sur la préparation à une pandémie.

6. Développer et utiliser un système de veille et d’alerte associant l’épidémiologie et la microbiologie, pour mieux investiguer tout nouveau foyer viral et détecter rapidement d’éventuelles émergences de souches virales à caractéristiques pandémiques. Il faut être capable d’accélérer la réactivité du secteur de la microbiologie. (Le rapport suggère aussi une veille européenne sur l’efficacité des vaccins antigrippaux.)

7. Créer une base de données partagées sur le Web, conçue pour une détection accélérée des 100 premiers malades d’une pandémie. (Il est à remarquer que d’autres experts alertent sur le fait que le Web pourrait ne pas supporter une sur utilisation en cas de pandémie. Ce réseau doit donc être sécurisé et/ou disposer d’une alternative non dépendante du Web)

8. Créer des Ateliers de travail bilatéraux sur l’interopérabilité entre Etats-Membres et régions périphériques et pays voisins.

9. Former des formateurs et développer des méthodes pour instruire, entraîner et associer les acteurs de la santé à une bonne préparation à une pandémie. 10. Produire et diffuser des matériels éducatifs nationaux normalisés et explicites pour tous les acteurs de la santé

11. Produire des vidéos attrayantes et pertinentes pour la télévision et le public, et rendre ce matériel disponible à d’autres pays.

12. Faire des campagnes sur l’importance accrue de l’hygiène individuelle et publique durant la saison grippale.

13. Faire campagne en faveur d’un port raisonné et responsable de masques par le public en saison de grippe, en veillant à une meilleure disponibilité des masques.

14. Développer sur les sites Web nationaux un volet éducatif attrayant, notamment en direction des enfants au sujet de la grippe.

15. Développer la recherche pour combler les lacunes de connaissance sur le moyen de réduire la transmission du virus par des mesures individuelles de protection.

16. Préparer des émissions radio et films éducatifs pour la scolarité à la maison si et quand les écoles seront fermées.

17. Lister les produits pharmaceutiques dont l’approvisionnement doit être maintenu en cas de pandémie pour empêcher une surmortalité par d’autres maladies (connexes ou sans lien avec la grippe), et préparer leur mise à disposition.

18. Discuter des aspects éthiques et moraux des réponses à une pandémie grippale (quelle priorisation pour les traitements et vaccins, quid des étrangers, des populations pauvres, isolées (sans-papiers..) et handicapées (éventuellement non couvert par une assurance-maladie) ?

19. Préparer et tester un système informatisé spécifique à une pandémie grippale, capable de gérer en temps réel et de manière centralisée une réserve antivirale, et de contrôler patient-par-patient la prescription et la distribution d’antiviraux. (Ce système pourrait aussi suivre d’éventuels effets secondaires et/ou apparition de résistances à un ou plusieurs antiviraux) et évaluer des stratégies pour les limiter.

20. Développer un système d’information multi-source (milieux de la santé + autres sources) pour une analyse croisée et rapide des rumeurs, des données cliniques (services ambulatoires + hôpitaux), des données de laboratoire, sur la mortalité, et la morbidité/absentéisme au travail et à l’école, entre d’autres, et rendre disponible ces analyses aux niveaux nationaux, régionaux et locaux, pour accélérer leur réactivité face à des indices de possible début de pandémie.

21. Publier un bulletin (newsletter) informant sur les mises à jour de l’état de la préparation et des actions au niveau national, avec un service associé qui encouragera les apports d’information pour établir puis entretenir un dialogue constructif entre le niveau national et les acteurs d’autres niveaux.

22. Assurer la protection contre la grippe aviaire des ressortissants du pays vivant à l’étranger, notamment dans les pays asiatiques.

23. Améliorer la recherche sur des vaccins améliorés, sur l’écologie du virus grippal et les modalités de transmissions du virus, ainsi que sur le contrôle des épidémies et l’efficacité de mesures de santé publique et des antiviraux.

Pour en savoir plus, prenez connaissance du rapport ICI

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