Le droit à l’information du patient ne constitue pas un risque, mais une chance …

26 mai 2007

L’affaire du sang contaminé, révélée lorsque la journaliste Anne-Marie Casteret publie dans l’hebdomadaire L’Évènement du Jeudi un article prouvant que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué, de 1984 à 1985 à la fin de l’année, des produits sanguins, dont certains contaminés par le virus du sida à des hémophiles, la découverte en pleine période estivale des limites de l’organisation de notre système de santé face à un épisode canicule (informations gouvernementales, informations wikipédia pour se souvenir que la canicule ne s’est pas limitée à la France), les récents accidents de radiothérapie (Centre Hospitalier d’Epinal, Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse) sont autant d’évènements – au parfum de scandale pour certains, où l’ombre du secret est toujours avancé dans un premier réflexe du médecin au prétexte de protéger le patient – qui ont conduit les citoyens à douter … non pas tant de l’efficience du système de santé lui-même et de la médecine dont chacun peut comprendre qu’il n’est pas infaillible et qu’elle n’est pas absolu. Mais de douter des interlocuteurs eux-mêmes, ces professionnels de la santé, ces médecins, ces chirurgiens, etc … qui font l’ossature même de notre système de soins. Le dernier accident au CHU de Toulouse, pour grave qu’il soit, démontre aussi la difficulté pour l’institution et ces professionnels à communiquer finalement pas tant vis-à-vis des médias traditionnels qui avancent sur ces champs avec une prudence particulière, mais vis-à-vis des personnes en traitement s’inquiétant légitimement pour leur santé notamment après la révélation au grand public des drames. Presque en viendrait-on à reprocher aux patients, déjà souffrant d’une maladie sévère, de poser des questions ! Un comble … Seulement, les professionnels de santé doivent prendre conscience que le patient en particulier, le citoyen en général attend des réponses précises, claires, franches et qu’à défaut de satisfaire cette attende on ne peut plus légitime, il y a tout lieu de penser que les professionnels de santé encourt un risque juridique dans une logique du juste retours des choses face au risque sanitaire encouru par les patients.

C’est ainsi que le champ des risques juridiques à l’hôpital s’est brusquement ouvert dans celui l’espace citoyen. Les acteurs du secteur n’ont plus le choix : ils doivent aujourd’hui identifier ces risques, composer avec eux et les intégrer, au même titre que les risques sanitaires, dans leur démarche de sécurisation des pratiques. Reste à adapter perception et réalité du risque.

Plusieurs domaines sont perçus de manière inégale par les hospitaliers comme étant source d’un risque juridique.

D’ailleurs, le premier d’entre eux est peut-être symptomatique de l’écart qui sépare les professionnels de santé et le patient : relations avec les usagers. Comment réagir face au libre choix du patient, face à une fugue ou à un refus de soins. Beaucoup d’interrogations se posent également quant aux modalités d’accès au dossier médical. Nous sommes là au coeur de la difficulté de communication et bien que d’immenses progrès ont été réalisés depuis des années dans ce domaine notamment au travers du renforcement du droit des patients, l’intrusion de ceux-ci dans l’exercice médical est encore trop vécu comme un élément perturbateur au mieux, comme une remise en cause illégitime des professionnels au pire.

De nouveaux enjeux émergent également, relatifs notamment aux nouvelles technologies et à leurs pendants comme on le constate avec les accidents de radiothérapie dont l’origine démontre que les professionnels de santé perdent la maitrise de technique.

Or la perception des risques est inégale. Ainsi, sur les questions relatives à la relation avec le patient, la perception est forte, alors que la réalité du risque est faible. Les professionnels gagneraient donc à s’ouvrir plus. A l’inverse, la perception est faible pour tout ce qui touche à l’hygiène, au secret professionnel, aux statuts de la fonction publique hospitalière, aux liens de l’hôpital avec la police et la justice, alors que ce sont là des domaines posant des problématiques fortes.

L’hygiène est ainsi la première cause des contentieux à l’hôpital. c’est pourquoi des sites dédiés à l’information des patients et des citoyens se sont ouverts tel celui relatif aux infections nosocomiales ou la plateforme d’information sur les établissements de santé : Platines (voir présentation Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille)

Nous voudrions défendre ici l’idée que l’accentuation du droit à l’information des patients et des citoyens ne constitue pas un risque mais au contraire une chance pour la préservation et le développement de la qualité de notre système de santé.

Quelques liens :

- site de l’APHP – droits du patient

- site de l’ARH Auvergne – droits du patient

- site de Me Durrieu-Diebolt

- site Inserm – la relation médecin-patient et droits des patients

L’Avandia, médicament prescrit contre le diabète de type 2, mis en cause dans le risque de mortalité cardiovasculaire

24 mai 2007

Avandia, un médicament largement prescrit dans le diabète pourrait augmenter la mortalité cardiovasculaire selon une nouvelle étude. Mais le laboratoire GlaxoSmithKline conteste. Cet épisode démontre combien il est difficile pour le grand public et pour les représentants politiques d’assurer un contrôle efficace dans ces domaines scientifiques, tout autant pour les agences expertes comme la FDA ou l’EMEA.

L’Agence européenne du médicament (EMEA) discute en effet d’un plan de gestion des risques pour Avandia* de GlaxoSmithKline, à la suite de la publication lundi par le New England Journal of Medicine d’une étude montrant une augmentation des effets secondaires cardiovasculaires avec l’antidiabétique. (Source EMEA ; Source NEJM)

L’article publié par le journal britannique est une méta-analyse concluant qu’Avandia* est associé à une augmentation significative du risque d’infarctus du myocarde et de décès d’origine cardiovasculaire. GSK a fait part de son « fort désaccord » sur les conclusions de cet article. La Food and Drug Administration (FDA) américaine a indiqué qu’elle allait se pencher sur le problème.

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CHU de Toulouse : la sécurité des actes de radiothérapie remise en cause

23 mai 2007

Le quotidien Le Parisien dans son édition du mercredi 23 mai a révélé l’information : 145 patients du service de neurochirurgie de l’hôpital Rangueil du CHU de Toulouse auraient subi une surirradiation début 2007.

Les patients traités avec des rayons sur la zone du cerveau ont reçu « des doses supérieures à la normale » en raison d’une « déficience informatique » due au fabricant de l’appareil de radiothérapie. Le fabricant a constaté un mauvais étalonnage de l’appareil.

Une enquête sanitaire serait en cours « pour savoir exactement quelles seront les conséquences sur leur état physique ». Les patients sont convoqués individuellement pour un bilan de santé.L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui enquête sur place depuis trois semaines, a indiqué au quotidien qu’elle comptait communiquer « très prochainement » sur le sujet.

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Environnement, droit à l’information (1)

20 avril 2007

Il existe un droit important pour le citoyen en matière d’environnement : Le droit à l’information. Alors, rendez-vous sur le site du Ministère de l’environnement puis prenez connaissance de la la législation ci-dessous :

« Le droit de toute personne d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues, reçues ou établies par les autorités publiques » (Article L 124-1 du code de l’environnement)

 

« Est considérée comme information relative à l’environnement … toute information disponible, quel qu’en soit le support, qui a pour objet :

1º L’état des éléments de l’environnement, notamment l’air, l’atmosphère, l’eau, le sol, les terres, les paysages, les sites naturels, les zones côtières ou marines et la diversité biologique, ainsi que les interactions entre ces éléments ;

2º Les décisions, les activités et les facteurs, notamment les substances, l’énergie, le bruit, les rayonnements, les déchets, les émissions, les déversements et autres rejets, susceptibles d’avoir des incidences sur l’état des éléments visés au 1º ;

3º L’état de la santé humaine, la sécurité et les conditions de vie des personnes, les constructions et le patrimoine culturel, dans la mesure où ils sont ou peuvent être altérés par des éléments de l’environnement, des décisions, des activités ou des facteurs mentionnés ci-dessus ;

4º Les analyses des coûts et avantages ainsi que les hypothèses économiques utilisées dans le cadre des décisions et activités visées au 2º ;

5º Les rapports établis par les autorités publiques ou pour leur compte sur l’application des dispositions législatives et réglementaires relatives à l’environnement. » (Article L 124-2 du code de l’environnement)

 

« Toute personne qui en fait la demande reçoit communication des informations relatives à l’environnement détenues par :

1º L’Etat, les collectivités territoriales et leurs groupements, les établissements publics ;


2º Les personnes chargées d’une mission de service public en rapport avec l’environnement, dans la mesure où ces informations concernent l’exercice de cette mission.

Les organismes ou institutions agissant dans l’exercice de pouvoirs juridictionnels ou législatifs ne sont pas soumis aux dispositions du présent chapitre. » (Article L 124-3 du code de l’environnement)

 

Cependant ce droit à l’information du citoyen se trouve restreinte par les dispositions suivantes de l’article L 124-4 du code de l’environnement dont on constate à leur lecture qu’elles sont suffisamment larges et imprécises pour faciliter une motivation de rejet de la demande d’information :

 

« L’autorité publique peut rejeter la demande d’une information relative à l’environnement dont la consultation ou la communication porte atteinte … A la protection de l’environnement auquel elle se rapporte ; Aux intérêts de la personne physique ayant fourni, sans y être contrainte par une disposition législative ou réglementaire ou par un acte d’une autorité administrative ou juridictionnelle, l’information demandée sans consentir à sa divulgation ; … elle peut également rejeter une demande portant sur des documents en cours d’élaboration, une demande portant sur des informations qu’elle ne détient pas ou si la demande formulée de manière trop générale. » (Article L 124-5 du code de l’environnement)

 

Par contre, dans d’autres situations, c’est la possibilité pour l’autorité de rejeter la demande d’information qui semble a priori restreinte :

 

« L’autorité publique ne peut rejeter la demande d’une information relative à des émissions de substances dans l’environnement que dans le cas où sa consultation ou sa communication porte atteinte à la conduite de la politique extérieure de la France, à la sécurité publique ou à la défense nationale, au déroulement des procédures juridictionnelles ou à la recherche d’infractions pouvant donner lieu à des sanctions pénales ; à des droits de propriété intellectuelle. » (Article L 124-6 du code de l’environnement)

 

Il convient de savoir que « le rejet d’une demande d’information relative à l’environnement doit être notifié au demandeur par une décision écrite motivée précisant les voies et délais de recours » et si votre demande a été rejetée au motif qu’elle était trop générale sachez que « l’autorité publique doit préalablement inviter le demandeur à la préciser et l’aider à cet effet. » avant de rejeter la demande. (article L 124-6 du code de l’environnement)

Charte de l’environnement

20 avril 2007

Par le Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1er mars 2005, le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’Homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu’aux droits et devoirs définis dans la Charte de l’environnement de 2004.

Considérant, 

Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ;

Que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel ;

Que l’environnement est le patrimoine commun des êtres humains ;

Que l’homme exerce une influence croissante sur les conditions de la vie et sur sa propre évolution ;

Que la diversité biologique, l’épanouissement de la personne et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de production et par l’exploitation excessive des ressources naturelles ;

Que la préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation ;

Qu’afin d’assurer un développement durable, les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins ;

Le Peuple français proclame :

Article 1 :  » Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. »

Article 2 :  » Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. »

Article 3 :  » Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou, à défaut, en limiter les conséquences . »

Article 4 :  » Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu’elle cause à l’environnement, dans les conditions définies par la loi. »

Article 5 :  » Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

Article 6 :  » Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. À cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social. »

Article 7 :  » Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. « 

Article 8 :  » L’éducation et la formation à l’environnement doivent contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte. « 

Article 9 :  » La recherche et l’innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l’environnement. « 

Article 10 :  » La présente Charte inspire l’action européenne et internationale de la France. »

Incident sur le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Dampierre

10 avril 2007

Voici relaté par le biais des communiqués de presse de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) l’incident survenu sur le réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre. Le site de la centrale se trouve sur le territoire de la commune de Dampierre-en-Burly (Loiret – 45), sur la rive droite de la Loire, à environ 10 km en aval de Gien et 45 km en amont d’Orléans. Cet incident n’a pas eu de conséquence sur la sûreté nucléaire et la radioprotection selon l’ASN.

dampierre.jpg Crédit Photo : TF1/LCI

* * *

Pour avoir plus d’information sur la centrale nucléaire de Dampierre, il faut consulter les informations disponibles sur le site de l’ASN.

La centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, mise en service en 1981, comprend 4 réacteurs à eau sous pression de 900 mégawatts. Plus de 1 200 agents y travaillent au quotidien. EDF est le premier responsable de la sûreté de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly. EDF doit mettre en oeuvre toutes les dispositions permettant un fonctionnement sûr de la centrale et doit également assurer la protection des travailleurs et de l’environnement. La centrale EDF de Dampierre-en-Burly est contrôlée par les inspecteurs de l’ASN installés à Orléans au sein de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) Centre.

 

La Commission Locale d’Information de Dampierre a une mission d’information de la population sur le fonctionnement de la centrale et de suivi de son impact sur l’environnement. Elle est présidée par M. Claude de Ganay, conseiller général du Loiret et maire de Dampierre-en-Burly. Elle a été créée en 1991.

 

En 2004, trois incidents classés au niveau 1 sont survenus à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly. (Voir la liste des communiqués de presse relatifs à la Centrale Nucléaire de Dampierre)

 

* * *

 

Communiqué de presse – 10 avril 2007 à 02 h 40

« Incident sur le réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre »

L’Autorité de sûreté nucléaire a été informée par EDF qu’un incident est survenu le 9 avril 2007 sur le réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre, située dans le département du Loiret.

Cet incident fait suite à une défaillance électrique.

Le réacteur est à l’arrêt et la sûreté est assurée par les fonctions de secours.

Le plan d’urgence interne a été déclenché par EDF à 22 h 10.

L’ASN a mis en place son organisation nationale de crise et suit l’évolution de la situation. Son appui technique l’IRSN est également mobilisé.

L’ASN a classé provisoirement cet incident sur l’échelle de gravité INES [International Nuclear Scale Event] au niveau 1.

Communiqué de presse – 10 avril 2007 à 07h25

« Incident sur le réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre : l’ASN reste vigilante sur les opérations de restauration engagées par EDF »

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été informée par EDF de l’origine précise de l’incident survenu hier soir sur la centrale nucléaire de Dampierre, située dans le Loiret.

EDF procède actuellement à la remise en service du dispositif électrique défectueux à l’origine de cet incident.

L’ASN s’assure que cette opération est conduite dans le respect des exigences de sûreté.

Le plan d’urgence interne déclenché hier soir par EDF à 22 h 10 est toujours en vigueur.

L’ASN avait été informée par EDF d’un incident faisant suite à une défaillance électrique survenu le 9 avril sur le réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre. Elle avait alors mobilisé dans la nuit du 9 au 10 avril son organisation nationale d’urgence.

L’ASN maintient le classement provisoire de cet incident au niveau 1 de l’échelle internationale de classement des événements nucléaires INES.

Communiqué de presse – 10 avril 2007 à 09h05

« Incident sur le réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre : l’ASN lève son organisation nationale d’urgence »

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé de lever, ce matin à 8 h 15, son organisation nationale d’urgence, mise en place hier soir à la suite de l’incident survenu sur une alimentation électrique du réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre, dans le Loiret.

La remise en service par EDF du dispositif électrique défectueux à l’origine de cet incident est en cours. EDF a levé, ce matin à 8 h 15, son plan d’urgence interne déclenché hier à 22 h 10.

L’ASN précise qu’à tout moment la sûreté de l’installation a été assurée.

L’ASN a demandé à EDF de réaliser un examen approfondi des causes de cet incident pour en tirer toutes les conséquences.

L’ASN avait été informée par EDF le 9 avril en fin de soirée d’un incident faisant suite à une défaillance électrique survenu le 9 avril sur le réacteur n° 3 de la centrale nucléaire de Dampierre. Elle avait alors mobilisé dans la nuit du 9 au 10 avril son organisation nationale d’urgence.

L’ASN maintient le classement provisoire de cet incident au niveau 1 de l’échelle internationale de classement des événements nucléaires INES.

 

Echelle de gravité INES

Risque d’accident nucléaire en milieu hospitalier

6 avril 2007

L’Autorité de Sureté Nucléaire, dont la mission est de vérifier les conditions d’exercice des traitements de radiothérapie indique dans son rapport annuel 2006 que l’homme et les organisations sont des facteurs fondamentaux de la sûreté et de la radioprotection et constituent donc des facteurs de risque déterminant sur lesquels ils convient d’agir pour améliorer la sécurité et la prévention des accidents. Il est vrai que la médiatisation des derniers évènements survenus dans différents centres hospitaliers, notamment au Centre Hospitalier d’Epinal, a généré un émoi compréhensible dans la population qui mesure par là-même que le fait de se faire soigner comporte des risques, mais exige dans le temps qu’on lui démontre que toutes les précautions nécessaires ont été prises surtout lorsque les techniques de soins constituent elles-mêmes des activités à haut risque potentiel.

L’ASN démontre dans son rapport que l’origine de ces accidents reste liée à des facteurs organisationnels humains. Elle admet cependant que la sûreté et la radioprotection ne reposent pas uniquement sur l’individu. Ces accidents sont révélateurs de dysfonctionnements « latents et profonds au sein des organisations qui fragilisent les systèmes sociotechniques et rendent vulnérables les lignes de défense humaines et organisationnelles ».

Selon l’ASN, la prise en compte des facteurs organisationnels humains doit donc devenir un chantier prioritaire car ils représentent le meilleur moyen d’améliorer et de promouvoir la sûreté et la radioprotection. Elle invite les professionnels de ce secteur à « engager des efforts à la mesure des enjeux de ce domaine ». L’intégration de ces facteurs dans les démarches de maîtrise des risques permettra notamment d’optimiser les interfaces des installations à leur conception.

Pour autant, au regard du nombre de patients traités, l’incidence du risque reste faible. Mais il ne faut pas ignorer que le vieillissement de la population, le manque de professionnels dûent formés obligeant les services hospitalier à fonctionner en flux tendus et les modalités d’irradiation complexes ajoutent un risque à la survenue d’un accident. C’est pourquoi l’ASN va donc étendre ses contrôles dans le domaine organisationnel et demande à chaque service de signaler tout incident, même ceux sans conséquences sanitaires en mettant en place un registre des évènements pour pouvoir « en tirer les enseignements pour l’avenir ».

Il est étonnant da’illeurs que cette démarche de signalement n’ait pas été mise en place auparavant comme cela est le cas en matière de matériovigilance, de pharmacovigilance, d’hémovigilance, etc…

De son côté, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire a remis le 23 mars au Minsitre de la Santé son rapport sur les dysfonctionnements graves du service de radiothérapie du centre hospitalier Jean Monnet d’Epinal, survenus entre mai 2004 et août 2005, et ayant affecté 24 patients traités pour un cancer de la prostate. (Rapport complet)

L’Afssaps recrute des experts en pharmacovigilance

28 mars 2007

L’appel à candidature d’experts en vue du renouvellement de la Commission Nationale de Pharmacovigilance dont la clôture était initialement prévue le 30 mars 2007 est prolongé d’un mois. Les candidatures peuvent ainsi être envoyées jusqu’au 30 avril 2007.

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) veille à la sécurité d’emploi des médicaments ou produits et contribue à leur bon usage, dans le cadre de la protection de la santé publique et de l’information des professionnels de santé. Pour mener à bien ses missions dans ce domaine, l’Afssaps s’appuie, notamment, sur la Commission nationale de pharmacovigilance (CNPV).

En vue du renouvellement de cette commission, et afin d’assurer une large couverture de ses besoins en expertise externe, l’Afssaps lance un appel à candidatures. Cet appel à candidatures est également l’occasion d’élargir le cercle des experts-rapporteurs auprès de la Commission nationale de pharmacovigilance.

L’Afssaps recherche des experts dans le domaine des médicaments et produits de santé ayant vocation à devenir membres de la CNPV.

Les experts recherchés sont soit :

  - cliniciens,
- pharmacologues ou toxicologues,
- pharmaciens hospitaliers,
- pharmaciens d’officine,
- personnalités compétentes en pharmaco-épidémiologie.

 

Afssaps
Direction de l’évaluation des médicaments et produits biologiques

Candidatures CNPV

143/147 bd Anatole France

93285 Saint-Denis Cedex

candidature.CNPV@afssaps.sante.fr

L’Union Européenne est-elle vraiment prête à faire face au risque d’une pandémie grippale ?

27 février 2007

Selon un rapport synthétique de 39 pages de l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladie) écrit après une étude menée par enquêtes et visites au sujet du niveau de préparation des 25 États-membres de l’UE (sur la base de données antérieures à l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, mais incluant l’Islande et Norvège).

Si l’Union Européenne est sur la bonne voie pour devenir une des zones les mieux préparées au monde, deux ou trois ans de « travail intense » et plus de moyens et surtout plus de coopération semblent nécessaires pour atteindre le niveau de préparation requis pour répondre au mieux à une pandémie grippale avec l’émergence d’un nouveau virus.

Les États-membre ont globalement progressé. Ils ont maintenant tous préparé un plan national. Chaque États-membre a commencé à décliner opérationnellement son plan. Mais la plupart des plans sont centrés sur le secteur de la santé, au lieu de préparer tous les services publics, les entreprises et toute la société à une pandémie. Les plans nationaux sont presque tous disponibles (au moins pour partie) sur l’internet et périodiquement mis à jour. Cinq pays n’avaient cependant pas mis à jour leur plan depuis 2005, et plusieurs pays ont cessé de mettre à jour leur plan entier, n’y ajoutant que des modules subsidiaires concernant par exemple la préparation locale, la grippe aviaire, la communication de crise, etc. Cinq pays n’ont pas fourni de sites ou adresses Web où les plans peuvent être facilement trouvés par les professionnels et le public.

Chaque pays dispose d’un ou plusieurs laboratoires, en contact avec l’OMS, capables d’identifier les sous-types de virus grippaux et parfois de séquencer des souches du H5N1. Ces capacités peuvent manquer à échelle régionale. Un seul pays a une veille encore uniquement basée sur l’alerte donnée par les laboratoires, c’est à dire sans récolte de données cliniques au niveau des soins primaires aux malades.

La coordination inter-états de l’Union progresse, mais elle reste insuffisante et « dans aucun pays membre on ne peut aujourd’hui garantir que l’offre en premiers soins sera suffisante, ni que les infrastructures essentielles aux services publics continueront de fonctionner en cas de pandémie, ni que les premiers lots d’un vaccin performant seront disponibles dans les services de santé six mois après le début de la pandémie ». A titre d’exemple, il est indiqué que plusieurs pays n’ont aucune réponse planifiée à un besoin brutalement accru de personnel des laboratoires d’analyse en cas de début de pandémie (sans par ailleurs prendre en compte qu’une partie du personnel existant pourrait être malade).

La mise à disposition rapide d’antiviraux est questionnée, de même que la portée des campagnes de vaccinations contre la grippe saisonnière. Celle-ci est pratiquée dans 19 pays sur les 26 ayant répondu. Certains pays ne disposent pas du taux de plus de 65 ans vaccinés tel que demandé par l’OMS comme indicateur de la cible de 75 % de vaccinés en 2010. Selon l’enquête ECDC d’avril 2006, le taux de vaccination des personnes âgées variait de 2 % à 75 % selon les pays, plusieurs pays n’ont même pas été capables de fournir des statistiques (ni même examiner les données) sur leur taux de vaccination !

L’ECDC recommande la diffusion de bonnes pratiques telles que :
1. Faire relayer par les églises des messages incitant à la préparation des communautés religieuses et des plus pauvres;

2. Faire évaluer l’état de préparation régionale et locale par un service national d’inspection;

3. Nommer des relais pour préparer les minorités, en dépassant les barrières linguistiques et culturelles.

4. Automatiser les statistiques de morbidité/mortalité pour diffusion en temps réel de ces données (vitales pour rapidement corriger les actions contre une pandémie)

5. Développer un intranet national dans les pays fédéralisés, pour coordonner l’aide et le conseil sur la préparation à une pandémie.

6. Développer et utiliser un système de veille et d’alerte associant l’épidémiologie et la microbiologie, pour mieux investiguer tout nouveau foyer viral et détecter rapidement d’éventuelles émergences de souches virales à caractéristiques pandémiques. Il faut être capable d’accélérer la réactivité du secteur de la microbiologie. (Le rapport suggère aussi une veille européenne sur l’efficacité des vaccins antigrippaux.)

7. Créer une base de données partagées sur le Web, conçue pour une détection accélérée des 100 premiers malades d’une pandémie. (Il est à remarquer que d’autres experts alertent sur le fait que le Web pourrait ne pas supporter une sur utilisation en cas de pandémie. Ce réseau doit donc être sécurisé et/ou disposer d’une alternative non dépendante du Web)

8. Créer des Ateliers de travail bilatéraux sur l’interopérabilité entre Etats-Membres et régions périphériques et pays voisins.

9. Former des formateurs et développer des méthodes pour instruire, entraîner et associer les acteurs de la santé à une bonne préparation à une pandémie. 10. Produire et diffuser des matériels éducatifs nationaux normalisés et explicites pour tous les acteurs de la santé

11. Produire des vidéos attrayantes et pertinentes pour la télévision et le public, et rendre ce matériel disponible à d’autres pays.

12. Faire des campagnes sur l’importance accrue de l’hygiène individuelle et publique durant la saison grippale.

13. Faire campagne en faveur d’un port raisonné et responsable de masques par le public en saison de grippe, en veillant à une meilleure disponibilité des masques.

14. Développer sur les sites Web nationaux un volet éducatif attrayant, notamment en direction des enfants au sujet de la grippe.

15. Développer la recherche pour combler les lacunes de connaissance sur le moyen de réduire la transmission du virus par des mesures individuelles de protection.

16. Préparer des émissions radio et films éducatifs pour la scolarité à la maison si et quand les écoles seront fermées.

17. Lister les produits pharmaceutiques dont l’approvisionnement doit être maintenu en cas de pandémie pour empêcher une surmortalité par d’autres maladies (connexes ou sans lien avec la grippe), et préparer leur mise à disposition.

18. Discuter des aspects éthiques et moraux des réponses à une pandémie grippale (quelle priorisation pour les traitements et vaccins, quid des étrangers, des populations pauvres, isolées (sans-papiers..) et handicapées (éventuellement non couvert par une assurance-maladie) ?

19. Préparer et tester un système informatisé spécifique à une pandémie grippale, capable de gérer en temps réel et de manière centralisée une réserve antivirale, et de contrôler patient-par-patient la prescription et la distribution d’antiviraux. (Ce système pourrait aussi suivre d’éventuels effets secondaires et/ou apparition de résistances à un ou plusieurs antiviraux) et évaluer des stratégies pour les limiter.

20. Développer un système d’information multi-source (milieux de la santé + autres sources) pour une analyse croisée et rapide des rumeurs, des données cliniques (services ambulatoires + hôpitaux), des données de laboratoire, sur la mortalité, et la morbidité/absentéisme au travail et à l’école, entre d’autres, et rendre disponible ces analyses aux niveaux nationaux, régionaux et locaux, pour accélérer leur réactivité face à des indices de possible début de pandémie.

21. Publier un bulletin (newsletter) informant sur les mises à jour de l’état de la préparation et des actions au niveau national, avec un service associé qui encouragera les apports d’information pour établir puis entretenir un dialogue constructif entre le niveau national et les acteurs d’autres niveaux.

22. Assurer la protection contre la grippe aviaire des ressortissants du pays vivant à l’étranger, notamment dans les pays asiatiques.

23. Améliorer la recherche sur des vaccins améliorés, sur l’écologie du virus grippal et les modalités de transmissions du virus, ainsi que sur le contrôle des épidémies et l’efficacité de mesures de santé publique et des antiviraux.

Pour en savoir plus, prenez connaissance du rapport ICI

La définition de risque

24 février 2007

Le dictionnaire culturel d’Alain Rey date l’origine du terme « risque » dans la langue française de la fin du 16ème (au féminin), voire du milieu du 17ème (au masculin), tout en notant que cette origine est assez controversée.

Le terme « risque » serait ainsi issu du substantif grec byzantin « rizikon » au sens « le hasard, le destin » puisque ce terme est « attribué une solde de soldat gagnée par chance ». Ce lien éventuel entre le risque et le hasard ou le destin nous renvoie à d’autres notions comme celle de fatalité. Et dans cette perspective, le fait que dans nos sociétés modernes le risque ne soit ou ne doit plus être considéré comme une fatalité contre laquelle il n’existe aucun remède ou aucun moyen de prévention démontre bien qu’au-delà de la question du lien étymologique, la notion de risque est inextricablement lié à notre destin ultime contre lequel nous luttons consciemment ou pas.

Une autre hypothèse quant à l’étymologie du mot « risque » plus directe est le lien avec le mot latin « resecare » signifiant « couper » et dont l’évolution en latin médiéval « resecum » signifiait « écueil« , « risque encouru en mer« . « L’écueil ou le récif sont des obstacles que le navigateur doit absolument éviter » (cf. document joint) En ce sens, on rapprochera les termes « cassure », « fracture », « rupture » … dont certains ont été employés par des hommes politiques pour signifier le « risque » encouru. Ainsi la fameuse « fracture sociale » de Jacques Chirac symbolise le risque pour la Société de se voir écarteler au sens figuré certes mais peut-être avant tout au sens propre. Quant à la volonté de rupture de Nicolas Sarkozy, il a montré depuis quelques temps des signes contradictoires, se laissant parfois persuader que cette volonté trop marquée faisait courir un risque à sa famille politique, se laissant d’autre fois aller à faire des propositions tel le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale conduisant certains membres imminents de sa famille à craindre le risque d’une dérive non maitrisable.

On le constate la définition la plus courante du « risque » évoque « le danger éventuel plus ou moins prévisible« . Ce caractère de prévisibilité étant déterminant pour le gestionnaire, le manager ou quiconque qui souhaite agir en amont de la survenue même du danger, et ce dans une volonté toute prométhéenne de faire en sorte que l’inéluctable ne se réalise pas.

Une définition plus juridique émerge dès le 17ème siècle avec l’ « éventualité d’un événement ne dépendant pas exclusivement de la volonté des parties » et pouvant causer un dommage. Cette définition souligne que la survenue du risque ne peut être appréhender que par des probabilités, en matière de risque rien n’est certain. C’est de ce fait là que toute la démarche de précaution prend son sens et son importance parfois jusqu’à l’absurde. On relèvera également le caractère partiellement extérieur à la volonté de celui qui est concerné par l’événement pouvant causer un dommage.

Enfin, le risque c’est « le fait de s’exposer à un danger et ce dans l’espoir d’obtenir un avantage« . Nous sommes là au coeur même de la notion de risque. Contrairement à la définition précédente, il existe ici une volonté, une certaine conscience acceptée du risque encouru mais dans un objectif évident celui d’en tirer partie ou bénéfice.

On trouvera dans le document joint une approche intéressante de la définition du « risque » par Pierre Bonnal au sujet de « La maitrise du risque dans un projet informatique ».

La définition de risque dans Notions et définitions pdf lamaitrisedesrisquesdansunprojetinformatique.pdf

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